Plaisir et besoin du dessin chez l’enfant

27 septembre 2019 · 0 commentaire

À peine savent-ils saisir un crayon qu’ils se lancent, fascinés : tracer une ligne sur une feuille de papier. Au travers de ces esquisses, l’enfant s’exprime et dévoile une part de sa vie intérieure. Ce sont des « portraits dans un miroir », comme le décrivait très justement le psychologue anglais James Sully. 

 

© Demi-portraits, 100(0) moments de dessin (« Mon oeil », Centre Pompidou)
 

L’expression au bout de la main

Beaucoup de parents l’observent : les jeunes enfants dessinent beaucoup. Le dessin leur permet de s’exprimer, alors que leur langage oral et – a fortiori – écrit est balbutiant. Certains, une fois qu’ils apprennent à lire et écrire, délaissent ou diminuent leur pratique du dessin : ils ont acquis un autre mode d’expression. Mais le plaisir du dessin s’entretient.

Anne Bastit anime des ateliers d’art plastique depuis 15 ans, soit dans son atelier, soit dans le cadre périscolaire. Avec les écoliers, elle privilégie le dessin à la plume et à l’encre de Chine : « Ça leur fait beaucoup de bien. La plume exige la lenteur, il faut prendre son temps, tremper sans cesse sa plume dans l’encre. Ils sont concentrés, calmes, souvent silencieux. » Dessiner, ne nécessite que très peu de matériel : un bout de papier, un crayon, et c’est parti !

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Aider l’inspiration

Alors que certains noircissent des feuilles et des feuilles et ne sont jamais à court d’inspiration, pour d’autres au contraire, « la liberté n’est pas évidente ». À ceux-là, autant donner un point de départ : un objet, une couleur… On peut même faire quelques traits ou courbes sur sa feuille, à partir desquels il lui faudra poursuivre. À plusieurs, la feuille peut passer de main en main, chacun poursuivant comme il l’entend le dessin commencé par l’autre, en une œuvre collective.

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Choisir ses mots

« Je ne sais pas dessiner… » Derrière cet aveu, se lit le désir de savoir techniquement dessiner quelque chose de ressemblant, représentant la réalité. Ne sachant pas, certains n’osent plus. Anne Bastit encourage : « Dès lors que les doigts savent tenir un crayon, il y a toujours quelque chose à faire. » Peu importe le résultat, ce qui compte c’est le plaisir de faire. À cet égard, les commentaires que nous prononçons sur les dessins de nos enfants sont lourds de conséquences… Évitons les « C’est beau ! C’est quoi ? », qui induisent un jugement de valeur. Restons plutôt dans la description, pour que l’enfant se sente invité à expliquer : « Tu as utilisé la feuille verticalement et je vois que tu as choisi le bleu. Tu as dû y passer beaucoup de temps… »

En famille

« Je ne suis pas très jeux de société. Je préfère proposer à mes enfants de dessiner ensemble, raconte Sylvie, trois enfants. Parfois, on dessine tous librement sur la même feuille, de 5 à 45 ans. Une fois, on se perchait à tour de rôle sur un tabouret pendant que les autres faisaient notre portrait. Aucun de nous n’a de technique… les résultats nous amusent beaucoup. » On peut aussi s’amuser en répétant des motifs, pour se détacher du désir de représenter le réel. Le plaisir de la trace est universel.

Anne Bideault


Retrouvez dans la rubrique ATELIERS de Bayam les séries 100(0) moments de dessin et L’expo idéale pour des idées originales de dessin pour vos enfants.

 

Image principale : © Demi-portraits, 100(0) moments de dessin (websérie « Mon oeil », Centre Pompidou)

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