Patsy Van Roost : «  Mieux vaut célébrer l’autre et prendre soin de lui plutôt que d’en avoir peur »

22 septembre 2020 · 0 commentaire

Artiste, Patsy Van Roost a fait de l’espace public son terrain de jeu, et de l’empathie son cheval de bataille. A partir du 28 septembre, Bayam vous propose de découvrir sept vidéos qu’elle a conçues pour faire grandir l’empathie chez nos enfants. Vous pourrez aussi la retrouver le 26 septembre au Festival « Les Mots Parleurs », diffusé en direct sur Bayam. Mais avant tout cela, si on faisait un peu connaissance ?

Photos de plateau Patsy Van Roost 4 juillet 2020 crédit sage rebelle photo format 12X18 pouces 400 pixels par pouce-36

Si vous êtes bien connue au Canada, vous l’êtes un peu moins de ce côté de l’Atlantique. Pourriez-vous vous présenter pour nos lecteurs ?

Je suis d’origine belge mais je vis au Canada depuis trente ans. Ici, on m’appelle « la fée du Mile End ». Le Mile End est un quartier de Montréal dans lequel j’ai résidé assez longtemps, mais que j’ai malheureusement du quitter il y a quelques années.

Je mène des expériences dans l’espace public qui ont pour but que les gens se rencontrent et se racontent. Des actions qui sont porteuses de sens pour rassembler les gens autour d’un même sentiment d’appartenance. Comme, par exemple, inscrire des mots sur les trottoirs, installer des pancartes mettant en contact un habitant et un touriste ou encore des cartes cousues à déposer dans la boîte aux lettres de ses voisins…

Avec vos vidéos, vous vous proposez de développer chez les enfants leur sens de l’empathie. Pourquoi ?

L’empathie, c’est se glisser à la place de l’autre. C’est être sensible à ce qu’il est, comprendre son monde singulier et créer du lien avec lui. Aujourd’hui plus que jamais, avec les mouvements de population, nous sommes amenés à vivre aux côtés de gens qui viennent de partout.

Aussi mieux vaut célébrer l’autre et prendre soin de lui plutôt que d’en avoir peur.

Parce que l’empathie débouche sur la bienveillance ! Or les enfants sont des éponges et plus on commence tôt à éveiller en lui ces notions, mieux c’est ! C’est pourquoi j’ai imaginé ces ateliers comme autant de gestes attentionnés envers autrui. Sept ateliers, comme les sept jours de la semaine !

Justement, comment s’organisent ces ateliers que vous avez tournés sous forme de vidéo ?

Chaque atelier repose sur un même dispositif : ne rien conserver chez soi. Tout ce qu’on va produire est… à offrir ! Et puis, au fil des séances, les choses se complexifient. L’enfant va ainsi pouvoir écrire la « recette » de sa famille : comment on y cultive l’amour. Le dernier atelier consiste en un grand projet dont il est le chef d’orchestre.

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Pourquoi, dans cette démarche de découverte de l’empathie, la dimension manuelle est-elle importante ? Pourquoi est-ce essentiel de « faire » ?

Parce que c’est un double cadeau : je fais quelque chose de mes mains et, comme je le fais « pour » quelqu’un, je soigne ma relation à l’autre. Dans chacun des ateliers, il y a cette dimension évolutive, avec un début et une fin. Comme un petit voyage vers l’autre. Il ne s’agit pas seulement d’une idée ou d’une pensée mais d’un geste.

empatsy boite a lettres

D’ailleurs, chaque atelier est guidé par une action. Celui où on adresse un mot à quelqu’un qu’on aime c’est « envoyer ». Celui dans lequel on réalise un mobile serait « dévoiler ». Celui au cours duquel on conçoit une banderole pourrait être sous-tendu par « répandre la bienveillance »…

Vous expliquez être rétive aux écrans et pourtant… vous proposez vos ateliers en vidéo. Il n’y a pas une contradiction ?

Oui, les écrans peuvent tuer l’empathie. Mieux vaut se regarder dans les yeux plutôt qu’à travers nos écrans ! C’est pourquoi quand on m’a proposé cette série, j’ai éprouvé quelques réticences. Mais je les ai vite levées.

D’abord, je ne peux pas être partout à la fois. La vidéo permet au maximum de gens d’en profiter. Ensuite, soyons clairs : il ne s’agit pas de placer l’enfant devant un écran.

Il faut que, au cours des ateliers, celui-ci soit accompagné par un adulte. Ainsi, tous deux vont développer leur empathie.

Ensuite, ce format vidéo résonne avec les temps que nous sommes en train de vivre. Cela permet de créer des liens avec les autres tout en maintenant la distanciation physique nécessaire en cette période d’épidémie. Nous avons filmé les enfants mettant en place leurs dispositifs dans la ville. On ressent la joie qui émane de ce partage dans l’espace public !

Photos de plateau Patsy Van Roost 4 juillet 2020 crédit sage rebelle

J’espère que cela va donner encore plus envie à ceux qui nous regardent de s’y mettre !

Propos recueillis par Joséphine Lebard

Crédits photos : Sage Rebelle Photo


Découvrez dès lundi 28 septembre en exclusivité dans Bayam les épisodes d’Empatsy avec Patsy Van Roost (un épisode par jour vous sera dévoilé tout au long de la semaine). Rendez-vous dans la rubrique Ateliers (3-6 et 7-10 ans) dans la version gratuite de Bayam ou en vous abonnant pour bénéficier de toutes les fonctionnalités de l’appli.*

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