Merci le vent : papiers découpés à l’écran avec Edouard Manceau

22 juin 2020 · 0 commentaire

Se lancer dans le numérique quand on est auteur-illustrateur d’albums nécessite d’apprivoiser de nouveaux outils. L’artiste Edouard Manceau revient sur l’adaptation interactive de son album Merci le vent (éd. Milan).

Vous avez donné à votre album Merci le vent une vie numérique…

Dès sa création, il y a dix ans, Merci le vent invitait les enfants à prendre la main. L’adaptation numérique interactive semblait évidente. L’album a déjà beaucoup vécu : il est recommandé par l’Education nationale, les planches originales font l’objet d’une exposition qui tourne encore, il a été traduit en plusieurs langues. Plein d’enfants ont joué avec ces formes ! Il a quelque chose d’intemporel : il aurait pu être créé dans les années 70 ou être publié demain. Quand on est vraiment connecté aux enfants (bien plus qu’à une époque), on traverse le temps, j’en suis convaincu.

Le film d’animation, très fidèle au livre, le reprend mot pour mot. Pour donner la possibilité aux enfants de jouer, s’y ajoutent des « kits » de formes. Je me suis replongé dans ma façon de travailler de l’époque pour créer ces nouvelles formes. Plantes, moyens de transport, visages… l’enfant peut prendre ces formes, les déplacer, les faire tourner. Un outil « crayon » permet de tracer des lignes, de dessiner.

Bref : manipuler, agir, créer, inventer… tout cela, un mot le résume : jouer. C’est le fil rouge de mes recherches.

Je découvre Merci le vent dans Bayam ! 

Passer au numérique, pour quelqu’un qui est attaché au papier, ça se passe comment ?

C’est vrai, j’ai d’abord été frileux. Je ne suis pas trop pour les écrans. Je me méfie des programmes audiovisuels conçus aujourd’hui. Leur objectif n°1, c’est que l’enfant n’ait pas envie de zapper. On crée pour eux des contenus hypnotiques, dans une langue mal parlée, dont les mots sont bouffés. Moi, j’ai une expérience de terrain : je rencontre beaucoup d’enfants. Cette frénésie ne leur correspond pas, ne les respecte pas. 

Je voulais un rythme adapté, avec une voix qui prend le temps de parler. Ce que propose la plateforme Bayam est très adapté et bien construit : on respecte les enfants. Ça m’a convaincu.

Comment avez-vous travaillé ?

Je gardais en mémoire l’émission Papivole, diffusée à la fin des années 70 sur Antenne 2. Devant la caméra, les mains de l’illustatrice Mila Boutan découpaient des papiers et les animaient. Avec l’équipe de Bayam, nous avons regardé ces épisodes. C’est impressionnant de constater la lenteur de cette émission ! J’avais envie de retrouver ce côté contemplatif. Le monde s’est tellement accéléré, depuis ! On a travaillé en équipe, y compris à distance pendant le confinement. On tombait d’accord sans difficulté, c’était agréable.

Dans mon atelier, j’ai en permanence un appareil photo sur pied, qui me permet de prendre les scènes en photo, les garder en mémoire, puis de les retravailler ensuite. Je pense en mouvement !

J’ai découvert le métier de sound designer et de comédien de voix. Lors du casting voix, j’ai craqué pour une vraie voix de conteur, j’en suis ravi. Pour le reste, mes livres sont déjà presque des dessins animés : quand j’illustre, je vois les personnages qui marchent d’une page à l’autre. Et je travaille vraiment avec des papiers découpés, j’aime tripoter le papier, sentir sa texture. C’est presque sensuel. Dans mon atelier, j’ai en permanence un appareil photo sur pied, qui me permet de prendre les scènes en photo, les garder en mémoire, puis de les retravailler ensuite. Je pense en mouvement !

Propos recueillis par Anne Bideault

Un module animé et interactif à retrouver dans Bayam

Retrouvez le module interactif Merci le vent dans l’appli Bayam (rubrique Ateliers) : la vidéo de l’album animé suivie d’un module interactif sur les animaux pour créer, s’amuser, jouer avec les formes. En bonus, un PDF à imprimer pour s’amuser en famille hors écran. « Prends tes ciseaux, découpe les formes et crée les animaux imaginaires que tu veux ! »

PDF Merci le vent

Un deuxième atelier interactif sur les visages est maintenant disponible dans le module Merci le vent, sur Bayam. Votre enfant pourra apprendre à composer des visages à partir des formes proposées.

merci le vent visages

Pour réaliser cet atelier hors écran, prenez vos ciseaux et imprimez le PDF_Merci le vent_Visages_formes.

Merci à Edouard Manceau, au studio Bayam et à Aurélie Sarrazin des éditions Milan pour leur action commune dans ce projet !


Retrouvez ces ateliers dans Bayam ou abonnez-vous pour bénéficier de toutes les fonctionnalités de l’appli.*

*Un accès illimité à tous les contenus et à toutes les fonctions :  chronomètre, messagerie familiale, 6 profils en simultané.  1er mois offert. Sans engagement. 

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