Comment donner le goût de l’anglais aux tout-petits ?

14 février 2020 · 0 commentaire

Au sein des rédactions des titres I love English, I love English for kids, Odile Amblard se penche en particulier sur les plus jeunes. Avec ses collègues anglophones, elle réfléchit comment accompagner les 3-6 ans dans leurs premiers contacts avec l’anglais.

Faut-il apprendre l’anglais tout jeune ?

Le constat est là : pour beaucoup de parents, aujourd’hui, il y a un vrai stress autour de l’apprentissage de l’anglais. À leurs yeux, la maîtrise de cette langue fait partie du bagage minimum et constitue un passeport pour l’avenir. « Parler anglais » s’ajoute désormais au trio lire-écrire-compter. Au-delà de l’anglais en lui-même, les parents cherchent à travers cet apprentissage à ouvrir les enfants aux langues étrangères en général.

« Parler anglais » s’ajoute désormais au trio lire-écrire-compter.

 

Sauf que nous sommes loin de parler tous un excellent anglais !

Il est certain que selon son propre bagage, on sera plus ou moins bien placé pour donner le goût de l’anglais à ses enfants. Et les raisons de blocages sont nombreuses : certains ne se sentent pas assez bons, d’autres se reprochent leur mauvais accent, d’autres enfin ont de trop mauvais souvenirs de leur propre scolarité. Mais rien de tout cela est rédhibitoire, et tout parent peut accompagner l’enfant dans un premier contact avec l’anglais. Le tout étant de ne pas se mettre la pression : ce serait contagieux et contreproductif !

Faut-il se lancer sur le mode « Repeat after me » dès la maternelle ?

Surtout pas ! Il ne faut pas viser d’objectif précis, si ce n’est de partager un moment ludique, rigolo et léger avec son enfant, en se faisant plaisir ensemble. Le plus simple, c’est d’écouter ensemble des comptines et des petites chansons. Même si on ne comprend pas les paroles ! Leur apprendre du vocabulaire avec un imagier n’a pas d’intérêt, à moins d’en avoir un besoin immédiat. Ce qui compte, à leur âge, c’est l’exposition à l’autre langue, la plus fréquente et la plus régulière possible. Pour faire court : mieux vaut 5 mn par jour qu’une heure par semaine ! Ainsi, il enregistre des schémas sonores et structurels. Par exemple, il va acquérir le réflexe de mettre l’adjectif avant le substantif en anglais, un ordre contraire au français : the black cat / le chat noir. Cela le prépare à la compréhension, qui vient de toute façon toujours avant l’expression.

Pourquoi les chansons et les comptines ?

Le bébé jouit d’un spectre auditif très large qui se réduit rapidement puisque, le plus souvent, il n’est exposé qu’à un type de sonorités, d’accents et de rythme, celui de sa langue maternelle : son oreille se ferme aux sons qu’elle n’entend pas. Les comptines, par leur richesse sonore, sont particulièrement adaptées à enrayer ce processus. De plus, l’enfant prend plaisir à jouer avec les sons, peu importe qu’il comprenne leur sens ou non. Dans le folklore français, on chante bien « Bivisiki… ». L’autre atout des comptines, c’est qu’elles sont souvent accompagnées d’une gestuelle, très précieuse pour la mémorisation corporelle. Pour la même raison, animer une brève séance de yoga ou de gym en anglais est intéressant : l’enfant rentre par le corps dans la musicalité d’une autre langue. Il ne faut pas négliger la mémoire du corps !

L’autre atout des comptines, c’est qu’elles sont souvent accompagnées d’une gestuelle, très précieuse pour la mémorisation corporelle.

Mais ils ne vont rien comprendre…

L’enfant construit du sens avec plein d’indices. Nous imaginons qu’il a besoin de comprendre les mots pour saisir le sens, mais ce n’est pas vrai. Regardez une courte vidéo en anglais avec un enfant : ça fonctionne ! Il ne panique pas quand il ne comprend pas, et construit le sens grâce aux images. Plutôt que de lui traduire, de lui expliquer ce qu’il se passe, questionnons-le : « Qu’est-ce que tu as compris ? », « Ah bon, mais comment tu sais ça ? »… S’il nous demande « Mais il fait quoi, là ? », renvoyons-lui sa question : « Qu’est-ce que tu en penses, toi ? » Il se rendra compte qu’il est capable de deviner plein de choses, et ça le rendra confiant dans sa capacité à parler une autre langue. C’est le principal, non ?

 

Propos recueillis par Anne Bideault

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