Barbara Belvisi : les pieds sur terre, la tête dans les étoiles

11 septembre 2020 · 0 commentaire

Et si on allait sur Mars tout en restant sur la planète bleue ? Avec son projet EBIOS (Experimental BIOregenerative Station), Barbara Belvisi poursuit son rêve d’enfant : elle construit un village spatial autarcique qui sera installé… sur Terre. Nous l’avons interrogée pour en savoir plus sur ce projet hors norme.

Vous construisez une station spatiale terrestre… C’est pas commun !

Oui ! J’ai fondé l’entreprise Interstellar Lab pour construire des stations spatiales sur terre, avant de pouvoir en construire dans l’espace. Disons qu’on va faire comme si on débarquait sur Mars pour y vivre. Les stations seront complètement autonomes : on y produira de la nourriture et recyclera l’eau et les déchets dans un but de préserver la vie et permettre à l’homme de s’épanouir. Ce seront des villages bio-régénérés.

Les stations seront complètement autonomes.

ebios

C’est un projet incroyable ! Mais… ça sert à quoi en fait ?

Ça sert à trois choses :

  1. Les astronautes pourront s’entraîner pour de véritables missions spatiales sur Mars ou la Lune.
  2. Les scientifiques feront des recherches et développeront des solutions de survie utiles dans le contexte du réchauffement climatique. La technologie spatiale peut nous servir sur Terre ! On va expérimenter une nouvelle façon de vivre sur la planète, sans user de ses ressources.
  3. Le grand public pourra venir passer une semaine « dans l’espace » ou sur « une nouvelle planète » pour une sacrée expérience !

C’est de la science-fiction ?

L’inspiration vient peut-être de la science-fiction, mais c’est très concret ! Notre première station ouvrira ses portes en 2021 dans le Désert de Mojave aux États-Unis, puis ensuite en Europe. Concrètement, une station pour cinq personnes couvre une surface totale de 1000 m2.

Elle est constituée de cinq dômes rattachés entre eux, qui abritent respectivement une forêt tropicale, un domaine agricole hors-sol, un centre de traitement des déchets, un autre pour régénérer l’eau et enfin, l’habitation.

Ni eau ni électricité n’arrivent de l’extérieur des dômes : la nourriture est produite localement, l’eau est recyclée, retraitée, les déchets sont utilisés pour produire de l’énergie et des nutriments pour les plantes. Une vie en circuit fermé pour ne pas abîmer la planète.

Notre avenir passe-t-il par la technologie ?

J’en suis persuadée. J’ai 35 ans. Je n’ai pas fait d’études d’ingénieur ou d’aérospatiale, j’avais de trop mauvaises notes en physique. J’ai fait une école de commerce, travaillé dans la finance. Mais je restais fascinée depuis toujours par la science et l’espace.

Pour monter mon entreprise, je m’y suis plongée en autodidacte, de manière à savoir de quoi je parlais avec les collaborateurs que j’ai recrutés. Aujourd’hui, nous sommes quinze, à cheval entre les États-Unis et la France. Fin 2020, nous serons trente.

Pour moi, la technologie n’est pas un ennemi. Et de toute façon, il est illusoire de penser qu’on pourra empêcher son avancement. Notre rôle est bien plutôt de lui faire prendre le bon chemin, de réfléchir à ses fins.

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Aujourd’hui, les parents sont inquiets pour l’avenir de leurs enfants. Que leur dites-vous ?

Il me semble que le devoir des adultes, même dans notre monde anxiogène, c’est de donner aux enfants des visions positives du futur. Plus on indique la possibilité d’un futur, plus elle a de chances de se réaliser car ce que construit l’être humain est nourri de ce qu’il a rêvé enfant. En grandissant, il bâtit les images qui l’ont traversé dans son enfance.

Ce que construit l’être humain est nourri de ce qu’il a rêvé enfant.

Interstellar Lab est beaucoup lié à ce que je pensais enfant. À l’école élémentaire, j’avais du mal à m’intégrer parmi les autres enfants. Je me réfugiais beaucoup dans mon monde, dans mon imagination, dans des jeux de rôles, où j’étais tour à tour architecte, astronaute, chimiste… La station spatiale, j’en ai fait des dessins, petite !

J’ai toujours eu de grands rêves, de grandes aspirations, et je suis reconnaissante à mes parents et à mes professeurs de toujours m’avoir laissé la liberté d’aller au bout de mon imagination, de ma créativité, de m’avoir permis de tester des choses sans me dire que c’était impossible. Ça a été fondamental pour ma vie actuelle !

Propos recueillis par Anne Bideault


Samedi 19, à 10h30, Barbara Belvisi sera l’invitée de ConfKids. Une conférence pour les enfants dès 7 ans à suivre sur ZOOM : https://us02web.zoom.us/j/89867147720 ou en direct dans Bayam

 

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