C’est l’été, c’est la fête ! Sur les places, devant les orchestres, observons les tout-petits. Rien ne les inhibe  : ils se mettent spontanément à danser. La musique leur parle, et on peut accompagner cet instinct.

« Pour moi, la musique, c’est avant tout le corps. » Lydie Burtoyan dirige une école de musique dans le Rhône. Elle enseigne l’éveil musical depuis plus de trente ans et intervient aussi dans les établissements scolaires : « Je constate qu’aujourd’hui, beaucoup d’enfants ne savent plus qu’ils ont un corps. Ils sont dans leur tête uniquement. Marcher en cadence, reproduire un rythme en tapant dans ses mains… je commence par de la motricité. Et les maîtresses constatent que ça se répercute sur les apprentissages scolaires. » Elle remarque aussi que des enfants peuvent se révéler grâce à la musique. « Je ne compte plus les élèves en difficulté qui prennent confiance en eux parce qu’ils ont découvert la musique ! En musique, ils sont quelqu’un d’autre, et ça les rassure ! » Et enfin, « pour jouer ou chanter ensemble, il faut se concentrer et écouter l’autre. Bénéfique dans un monde qui zappe beaucoup, qui n’est pas très attentif à l’autre ! »

 

Tout est musique

En France, trop souvent, on associe musique et apprentissage académique. C’est un peu commencer par la fin, surtout avec de jeunes enfants. Pour qu’ils aient envie de s’astreindre à la pratique d’un instrument – cela demande un effort –, il faut avoir emporté leur adhésion en leur faisant vivre la musique. Et ça, tout le monde en est capable !
Or, un parent qui ne chante pas au prétexte qu’il chante faux laisse déjà entendre le contraire à son enfant. Non, osons, sans nous prendre au sérieux, comme dans cette chorale animée d’Hervé Tullet que l’on peut retrouver dans Bayam.

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La Chorale de la série animée OH ! d’Hervé Tullet et du Studio Bayam, Bayard presse, 2017


La musique dans la peau

Les objets du quotidien font de bons instruments. Grand classique : les casseroles. Des bouteilles de verre remplies à différents niveaux font entendre des notes différentes. On peut jouer à les classer : est-ce plus bas ? Plus haut ? Invitons aussi nos enfants à poser doucement sa main sur leur pomme d’Adam pour sentir les vibrations des cordes vocales. Que se passe-t-il quand on chuchote ? Quand on parle très grave ? Des jeux permettent d’affûter son ouïe : les yeux fermés, l’enfant doit deviner quel objet a produit le bruit qui a retenti.  

 

Un monde de musique

Aujourd’hui, on a facilement accès à une bibliothèque musicale sans limites. Écoutons donc de tout ! Découvrons, sans œillères, des registres divers. Classique, variétés, slam, tout est à notre portée. Certaines plateformes – comme Radio Pomme d’Api – font un travail de sélection admirable pour les petits. Et chantons, laissons-nous emporter. « Faites-vous plaisir, nous invite Lydie Burtoyan. Vous passerez de bons moments : on n’a jamais de regrets d’avoir fait ou écouté de la musique ! » Et à l’approche des vacances d’été, « réapprenons à chanter dans la voiture. Ça se perd, alors que c’était un vrai bonheur : la musique réunit les gens, insuffle de la bonne humeur, met tout le monde à égalité. C’est magique ! »

Anne Bideault

 

Pour découvrir les activités, rendez-vous sur Bayam.